
L'équipe de France est championne du monde pour la troisième fois. Les Bleus ont réussi l'exploit de battre les Croates chez eux. : AFP
Mondial. Finale France - Croatie (24-19). Héroïque, l'équipe de France a privé les Croates du titre qui leur était promis devant leur public de Zagreb. Cinq mois après les Jeux olympiques, ils sont vraiment les maîtres du monde.
ZAGREB (de notre envoyé spécial). Le handball se joue à sept et c'est toujours la France qui gagne à la fin ! Pas un proverbe des Balkans, vous pouvez le croire. La Croatie n'a pas fini de pleurer toutes les larmes de son corps, orgueil en berne et nationalisme dans les chaussettes. Mais hier, les plus beaux guerriers étaient quatorze Bleus, qui ont fini par faire baisser la tête à tout un peuple.
S'ils étaient Allemands, on serait déjà à bâtir des statues outre-Rhin à Omeyer, Narcisse, Karabatic, Guigou and co. En France, leur exploit majuscule n'aura sans doute pas l'écho qu'il mérite. Peu importe. Ce sont des géants. Car il fallait avoir un coeur énorme, une science du jeu parfaite, la tête très froide pour résister à toutes les provocations avec, au plus profond de soi, la certitude que cette équipe avait un destin unique. Et que les trois coups se frappaient là , dans cette Zagreb Arena.
Maillot à damier rouge et blanc porté comme un étendard, tumulte étourdissant dans lequel on n'aurait pas entendu s'envoler un Airbus, c'était l'enfer là -dedans. Tous les présents y ont à coup sûr laissé un peu de leurs capacités auditives. Comment ont-ils pu faire ce match-là dans ces conditions-là ? Car si on n'y a pas joué le handball le plus léché, sur le boîtier de l'intensité, le curseur était au plus haut.
Et la défense a baissé la grille
L'empoignade a été grandiose. Et longtemps indécise. Se rendant coup pour coup, les deux équipes nous l'ont longtemps joué collé serré. Tango pas vraiment langoureux. À 11-12 à la pause, on se disait que pour n'avoir jamais été décollés, les Bleus tenaient le bon bout. Grâce à Narcisse (4 buts) et Guigou (4 aussi dont 3 penalties). Restait à enfoncer le clou. Et tout s'est joué à partir de la 45'(18-18), quand la défense tricolore a baissé la grille pour de bon.
Durant neuf minutes, les Croates s'y sont cassé les dents. Du bord du terrain, on pouvait lire l'impuissance et le désarroi gagner leurs yeux, tandis que les 15 000 spectateurs doutaient de plus en plus et criaient de moins en moins. Trois buts plus tard (21-18, 54'), le trou était fait. Le sort du match scellé. « On s'était dit que pour gagner, il faudrait prendre l'avantage dans le dernier quart d'heure, sinon on aurait du mal à résister. Il fallait les tenir et les tordre, explique Claude Onesta, coach comblé. Avec des joueurs de ce talent, les choses paraissent plus simples. C'est un résultat majeur pour le sport français ».
Ah, Zagreb, ville bénie du hand tricolore ! Ici même qu'en 2003, les handballeuses avaient battu les Hongroises pour devenir championnes du monde. Mais taper les Croates chez eux, pour se broder une troisième étoile sur le maillot, c'est tellement plus fort. Instant magique, joie brute. La France n'en sera pas aussi retournée que si c'était du foot ou du rugby. Mais la plus belle bande de gagneurs qu'elle n'ait jamais possédée mérite aujourd'hui d'être accueilli en héros. Ou c'est à désespérer.
malheureusement l'exploit des français est passé presque inaperçu car le hand est un sport qui n'est pas médiatisé
mais l'exploit est lĂ
vive les Français vous avez étés magnifiques